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Lutter contre la falsification des médicaments en Afrique

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  4. 13 juillet 2018

Une nouvelle étude montre que les Africains considèrent ne pas être suffisamment informés des dangers que présentent les médicaments falsifiés

Imaginez une mère africaine en situation de précarité qui renonce à s’alimenter afin de pouvoir acheter des médicaments essentiels pour son enfant gravement malade. Imaginez à présent que les médicaments qu’elle parvient à se procurer au prix de ce sacrifice soient falsifiés et qu’ignorant être la victime d’une malversation, elle les administre à son enfant et que ce traitement prolonge ses souffrances ou entraîne son décès.

Cette scène cauchemardesque se renouvelle des milliers de fois chaque année partout dans le monde à cause du trafic de médicaments falsifiés – un commerce qui rapporte chaque année plusieurs milliards de dollars[1]. Cette réalité est particulièrement prégnante dans les régions en développement du continent africain.

« Les médicaments falsifiés constituent une menace majeure pour la santé en Afrique, sachant que des centaines de milliers, voire des millions de personnes y sont exposées sur l’ensemble du continent », explique Geoffroy Bessaud, Directeur de la Coordination anticontrefaçon de Sanofi.

Pourtant, de nombreux Africains considèrent ne pas être suffisamment informés des dangers que représentent les médicaments contrefaits, selon les résultats d’une nouvelle étude réalisée en avril 2018, afin de recueillir des données de référence pour comprendre la perception de la falsification de médicaments par les patients dans différentes régions du monde.

Réalisée en ligne auprès d’un panel de 2 519 personnes dans cinq pays d’Afrique francophone et anglophone (Égypte, Nigeria, Côte d’Ivoire, Kenya et Afrique du Sud), cette étude révèle que 97 % des personnes interrogées considèrent ne pas disposer de suffisamment d’informations sur les médicaments falsifiés pour se prémunir du risque que représentent les médicaments contrefaits, même si elles ont connaissance de leur existence et que 44 % d’entre elles y ont déjà été exposées.

Cette étude vient compléter un ensemble d’études menées par Sanofi depuis 2014 en Europe, aux États-Unis, en Asie et en Amérique latine, auprès de plus de 20 000 personnes.

Perceptions of African people on Falsified medicines

Médicaments falsifiés en Afrique : un risque global

Depuis 2013, l’OMS a reçu 1 500 signalements de produits de qualité inférieure ou falsifiés. Parmi ceux-ci, les antipaludiques et les antibiotiques sont les plus fréquemment cités. La plupart de ces signalements (42 %) proviennent de la région Afrique de l’OMS.

Les médicaments falsifiés ou faux médicaments peuvent contenir des principes actifs en quantité insuffisante pour être efficaces. Dans d’autres cas, ils ne contiennent aucun principe actif, voire des impuretés ou encore des substances toxiques.

Alors que les médicaments totalement inactifs n’ont aucun effet sur les maladies qu’ils sont censés traiter, ceux qui contiennent des principes actifs sont encore trop souvent préjudiciables et pas seulement pour les patients.

« Les médicaments anti-infectieux falsifiés et en particulier les antibiotiques et antipaludiques, qui contiennent des principes actifs en quantité insuffisante, peuvent en effet favoriser l’émergence de résistances », explique Geoffroy Bessaud.

Traquer les médicaments falsifiés

Dans de nombreux pays africains, entre 20 et 30 % des médicaments présents sur le marché sont des médicaments falsifiés et ce pourcentage peut être supérieur selon la classe thérapeutique concernée[2].

Les canaux de distribution des régions en développement, comme l’Afrique, sont moins contrôlés et il est plus difficile d’empêcher les médicaments falsifiés d’infiltrer les réseaux d’approvisionnement. Cette situation contraste avec la majorité des pays industrialisés (Australie, Canada, Japon, Nouvelle-Zélande, États-Unis et la plupart des pays de l’Union européenne) qui ont mis en place des règlementations et des systèmes de contrôle efficaces du marché. Dans ces pays, les médicaments falsifiés sont très rares et ne représentent que 1 % de la valeur totale du marché[3].

Les réseaux de fabrication de médicaments falsifiés sont de plus en plus en mesure de produire des médicaments qui ressemblent aux produits authentiques – dupant ainsi les consommateurs et les patients. Outre le fait que des médicaments falsifiés peuvent être vendus en Afrique par les pharmacies qui s’approvisionnent auprès de centres de distribution publics officiels, leur commerce en ligne présente encore plus de risques.

Rien d’étonnant par conséquent à ce qu’Internet soit devenu l’un des principaux vecteurs de commercialisation des faux médicaments. De fait, un médicament sur deux vendu sur un site Internet dissimulant son adresse physique est un faux. Pourtant, l’étude montre que près d’un quart des personnes interrogées se sont déjà procuré des médicaments en ligne, même si la majorité d’entre elles considèrent avoir pris un risque. La première raison qui motive les achats de médicaments en ligne est l’accessibilité à des spécialités médicales non disponibles dans le pays. Vient ensuite le souci de payer moins cher et de gagner du temps ou de pouvoir acheter en toute discrétion.

Perceptions of African people on Falsified medicines

"« Les résultats de cette étude montrent une fois de plus qu’il existe un important déficit d’informations sur la réalité du fléau que représentent les médicaments falsifiés. De ce fait, les patients courent le risque de ne pas obtenir le traitement dont ils ont besoin », souligne Geoffroy Bessaud.

« Il est crucial que le public soit mieux informé des risques qui affectent plus particulièrement, mais pas seulement, les pays en développement. Notre ambition est de contribuer à la sensibilisation de tous, de sorte que l’éveil des consciences à l’échelle mondiale nous permette de lutter plus efficacement contre cette activité criminelle pour, en dernier ressort, protéger les patients. »

Pour en savoir plus

[1]Le chiffre d’affaires généré par la contrefaçon de médicaments est estimé à près de 200 milliards de dollars, soit plus que la prostitution et le commerce illicite de marijuana. Source : World Economic Forum, Global Risks, Sixth edition, An Initiative of the Risk Response Network, 2011, p. 23. IRACM 2015
[2]OMS
[3]OMS

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Email: mr@sanofi.com