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Élaboration du vaccin contre la grippe saisonnière : un exercice sans cesse renouvelé

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  4. 30 juillet 2018

En amont de la prochaine saison grippale dans l’hémisphère Nord, les entreprises comme Sanofi Pasteur se préparent à livrer les premiers lots de vaccins contre le virus potentiellement mortel de la grippe. Au cours des prochains mois, en prévision de la grippe saisonnière, des centaines de millions de personnes dans le monde vont en effet se faire vacciner contre les souches virales qui, selon les prévisions des autorités de santé, devraient être les plus représentées cette année.

Les autorités de santé publique, les médecins et le grand public espèrent tous que ces prévisions – réalisées il y a environ six mois – seront exactes. Car nul ne souhaite une saison grippale comme celle de l’année dernière, où des souches particulièrement virulentes ont rendu le vaccin moins efficace que la normale, et où les taux d’infection ont pris, selon les autorités de santé publique des États-Unis, une ampleur exceptionnelle – la pire d’après elles de ces dix dernières années.

Ce que tout le monde souhaite, cependant, ce ne sont pas seulement de meilleures prévisions, mais aussi un nouveau type de vaccin, plus efficace et dirigé contre un éventail plus large de souches virales. Il s’agirait là d’un pas décisif dans la lutte contre l’un des virus les plus dangereux pour la santé humaine.

Il y a un siècle exactement, lors de la pandémie de grippe de 1918, 500 millions de personnes ont été infectées et entre 50 et 100 millions d’entre elles ont péri. Depuis, la vaccination et les autres mesures de santé publique se sont considérablement améliorées. Il n’en demeure pas moins qu’entre trois et cinq millions de cas graves de grippe sont recensés chaque année, causant jusqu’à 650 000 décès, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

La grippe est particulièrement dangereuse pour les nourrissons, les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Même lorsqu’elle n’est pas fatale, elle nécessite souvent des soins urgents ou une hospitalisation. C’est pour cette raison que les autorités de santé publique considèrent que la vaccination est une arme très efficace et que les chercheurs s’emploient à développer des vaccins à plus large spectre et plus efficients.

« La dernière saison grippale n’a certes pas atteint les proportions de celle de 1918, mais elle a été néanmoins très virulente », indique John Shiver, Ph.D., Senior Vice-Président, R&D Globale de Sanofi Pasteur. « Tant que la grippe conservera un tel potentiel de destruction, nous devrons continuer d’exploiter les connaissances scientifiques les plus récentes et les progrès de la biologie et des technologies de l’information pour développer des moyens de prévention plus efficaces contre ce virus et les éventuelles épidémies qu’il peut provoquer. »

La fabrication du vaccin contre la grippe saisonnière est un engagement qui mobilise Sanofi Pasteur douze mois par an. L’entreprise produit chaque année 200 millions de doses de vaccin contre la grippe pour répondre aux besoins de santé publique dans le monde – une tâche colossale. Même si les méthodes de fabrication modernes qu’utilisent actuellement Sanofi Pasteur et d’autres entreprises ont permis d’augmenter les capacités de fabrication, celles-ci n’ont pas réduit significativement les délais de production annuels du vaccin.

Produire un vaccin contre un ennemi complexe

L’une des plus grandes difficultés, pour les fabricants de vaccins, tient au fait qu’il n’existe pas un seul virus de la grippe – contrairement à une idée fausse communément admise à ce sujet. Il existe en effet plusieurs variantes du virus de la grippe, ou souches, dont certaines sont plus virulentes que d’autres. De plus, les souches les plus répandues et, partant, les plus susceptibles de causer des infections, tendent à changer d’une saison à l’autre.

Le vaccin antigrippal traditionnel, à l’instar de la plupart des vaccins antiviraux, compte sur les réponses naturelles du système immunitaire humain. Une dose de vaccin contient des souches virales inactivées pour amener le système immunitaire à produire des anticorps qui se fixent ensuite aux particules du virus actif afin de les neutraliser ou de les détruire.

Chaque année, l’OMS et les responsables de la santé publique utilisent les données recueillies par le Réseau mondial de surveillance de la grippe pour tenter de prédire les quatre variantes du virus qui seront les plus répandues et les plus virulentes lors de la prochaine saison grippale. Les fabricants de vaccins utilisent ensuite ces souches pour fabriquer leur vaccin saisonnier.

Prévoir quelles seront les variantes du virus les plus susceptibles de se manifester lors de la saison grippale à venir n’est cependant pas une science exacte. Parfois, la grippe se montre coopérante et les vaccins sont hautement efficaces. Mais il arrive aussi, comme ce fut le cas l’an dernier, que les virus en circulation soient moins sensibles aux vaccins disponibles sur le marché. Dans ce cas, même les personnes vaccinées peuvent contracter la grippe.

La fabrication du vaccin contre la grippe est non seulement une activité qui mobilise Sanofi Pasteur douze mois par an, elle est aussi très chronophage. Il est donc important que les prédictions soient le plus exactes possibles, car les vaccins doivent être fabriqués plusieurs mois à l’avance afin de permettre la production de quantités suffisantes de doses.

Même avec les techniques les plus récentes de culture du virus de la grippe, la mise à disposition du vaccin saisonnier prend du temps car il faut le tester avant que les doses ne puissent être mises à la disposition des professionnels de santé et administrées aux patients.

Enfin, même si les prévisions sont précises, l’efficacité du vaccin n’est pas toujours garantie.

Le virus de la grippe est en effet particulièrement retors.

Lorsqu’il se réplique, il peut subir en effet ce que les scientifiques appellent une dérive génétique (ou un glissement antigénique) qui se traduit par de petites modifications dans ses gènes. Il s’agit d’un mécanisme de survie pour le virus, mais ce mécanisme peut aussi rendre inefficaces les vaccins traditionnels car le virus modifié n’est plus reconnu par les anticorps que la vaccination a permis à l’organisme de produire.

S’employer à développer un meilleur vaccin contre la grippe Patients comme chercheurs rêvent d’un vaccin antigrippal universel qui protégerait contre toutes les variantes du virus, avec un seul et unique vaccin. Il s’agit là de la quête suprême dans le domaine de la vaccination antigrippale et d’un projet qui, selon les chercheurs, n’aboutira pas avant dix ans ou plus et nécessitera le développement d’une myriade de nouvelles technologies.

Il est plus probable, en attendant, que les techniques de fabrication actuelles des vaccins continuent d’être améliorées et que les chercheurs parviennent à développer un vaccin antigrippal à large spectre qui serait dirigé contre de multiples souches virales et aiderait l’organisme à produire des anticorps pendant une plus longue durée.

Les recherches scientifiques nécessaires à la mise au point d’une nouvelle technologie, quelle qu’elle soit, prennent cependant du temps. Comprendre les bénéfices potentiels que de nouvelles technologies peuvent avoir sur la performance d’un vaccin requiert des années d’étude. Nos experts, mobilisés par le programme de recherche consacré à ce vaccin, savent ainsi pertinemment que plusieurs années de recherche clinique seront nécessaires avant que leurs efforts n’aboutissent. En attendant que de nouveaux vaccins contre la grippe soient développés, minutieusement étudiés et mis sur le marché, il est important que nous continuions de sensibiliser les professionnels de santé aux bénéfices des options vaccinales existantes.

En attendant un vaccin universel

Même un vaccin antigrippal à large spectre ne permettra pas de venir à bout de la grippe. C’est pour cette raison que les chercheurs s’efforcent de développer un vaccin « universel » qui permettra de protéger durablement contre la grippe, sous toutes ses formes.

Les méthodes de fabrication actuelles ne permettent toutefois pas de produire un vaccin efficace contre la plupart, sinon toutes, les variantes du virus simultanément. Il faut donc des technologies entièrement nouvelles qui soient efficaces contre un plus grand nombre de souches virales.

Un vaccin universel devra également être en mesure de faire face à toutes les variantes qui sont, par définition, hautement imprévisibles. Pour l’heure, il est difficile de cibler toutes les variantes de base, ce qui ne fait qu’accentuer la difficulté.

C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que le dernier budget des NIH a été augmenté et qu’il prévoit une enveloppe de 100 millions de dollars pour ce projet, tandis que certains législateurs ont appelé à lui consacrer jusqu’à 1 milliard de dollars au cours des cinq prochaines années.

En attendant qu’un nouveau vaccin soit disponible, le vaccin traditionnel reste un outil de santé publique extrêmement important. Quelles que soient les prévisions pour la saison, la vaccination contre la grippe reste la mesure de prévention la plus efficace à prendre.

« Même si de nombreuses personnes pensent que la grippe est un mauvais moment à passer pendant quelques jours, il s’agit d’une maladie grave et dangereuse qui peut se révéler mortelle », souligne le docteur David P. Greenberg, Vice-Président adjoint et Responsable régional des Affaires Médicales (Amérique du Nord) de Sanofi Pasteur. « Les personnes âgées, les enfants et ceux dont le système immunitaire est affaibli peuvent être sévèrement touchés et les adultes en bonne santé extrêmement malades. Enfin, même si la grippe saisonnière est particulièrement virulente, les vaccins permettent tout de même de prévenir des millions de cas. »

Même pendant une saison grippale aussi sévère que celle de 2017-2018, le vaccin protège des millions de personnes contre un virus qui a décidemment plus d’un tour dans son sac.

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