December 12th, 2017


Combattre la dengue avec un vaccin efficace

 


Combattre la dengue avec un vaccin efficace

Sanofi a récemment publié un communiqué de presse présentant des données actualisées sur son vaccin contre la dengue qui permettent de mieux définir les populations les plus susceptibles de bénéficier de sa protection.[i] Pour l’heure, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les autorités réglementaires nationales de chacun des pays où le vaccin est approuvé ou en cours d’approbation analysent ces nouvelles informations afin d’évaluer la poursuite de l’introduction du vaccin localement.

Maladie grave et invalidante, la dengue est endémique dans les pays où vit plus de la moitié de la population mondiale. Le risque de présenter des symptômes invalidants de fièvre, de douleurs articulaires aigües (évocatrices de fractures osseuses), de nausées et de fatigue, ou encore d’être hospitalisé pendant plusieurs jours sans pouvoir bénéficier d’un traitement spécifique, est une réalité à laquelle les populations des pays où cette maladie est répandue sont exposées chaque année. La dengue touche le plus durement les centres urbains densément peuplés, où les flambées épidémiques ont le plus de risque de se propager rapidement.

La menace que fait peser cette maladie est suffisamment sérieuse pour que l’OMS considère la dengue comme « la maladie virale transmise par les moustiques la plus importante du monde ».[ii] Endiguer sa propagation est une priorité de l’OMS et, dans les pays où cette maladie est endémique, l’organisation s’est fixé pour objectif de « réduire la mortalité et la morbidité causées par la dengue de respectivement 50 % et 25 % d’ici à 2020 (en prenant 2010 comme année de référence). [iii]

Les équipes en charge de la recherche et des affaires médicales travaillent depuis plusieurs décennies au développement d’un vaccin contre la dengue. Cette mission s’est révélée d’autant plus ardue que la dengue est une maladie complexe. Il existe en effet quatre sérotypes différents du virus. Une personne peut être infectée par chacun des 4 sérotypes et donc  connaître quatre infections successives au cours de sa vie. Parallèlement, la maladie présente des spécificités. Bien que dans la majorité des cas l’infection soit bénigne voire asymptomatique, elle peut dans d’autres cas provoquer des symptômes invalidants et, dans de rares cas, se compliquer et prendre des formes graves. C’est, plus fréquemment, la seconde infection par le virus de la dengue qui provoque les symptômes les plus graves nécessitant une hospitalisation. Un vaccin efficace doit pouvoir parer à ces caractéristiques pour le moins inhabituelles de l’infection.

Compte tenu de cette complexité, les travaux que nous avons menés pour développer un vaccin permettant de réduire le fardeau de la dengue ont nécessité plus de 20 ans de recherche et d’évaluations scientifiques, ainsi qu’un programme de développement clinique d’une durée de dix ans ayant porté sur près de 40 000 personnes dans 15 pays.

Tous les essais cliniques ont été conduits en collaboration avec des experts scientifiques et les autorités de santé et nous avons fait preuve de la plus grande transparence avec la communauté mondiale de santé, dont l’OMS, à chaque étape de ce processus. Les résultats de recherche sur le vaccin, qu’ils soient intermédiaires ou définitifs, ont été présentés de manière transparente au fur et à mesure qu’ils nous parvenaient. Les résultats des essais eux-mêmes ou ceux des modèles prédictifs développés par différentes équipes internes et externes au moyen des données épidémiologiques et des résultats des essais disponibles, ont été publiés dans des revues de référence  avec des comités de rédaction comme The Lancet, le New England Journal of Medicine et Nature.[iv],[v],[vi],[vii]

Les approbations règlementaires nécessaires pour mettre ce vaccin à la disposition du public ont été précédées d’une longue série de réunions techniques dans les pays concernés et à l’échelle internationale, à commencer par une réunion, une initiative jusqu’ici inédite, tenue à Genève en juin 2015 sous la présidence de l’OMS et de la Dengue Vaccines Initiative. Des représentants de l’Agence européenne des médicaments, de la Food and Drug Administration des États-Unis (FDA) et des autorités réglementaires des pays où la dengue est endémique ont pris part à cette réunion. Lors des séances publiques, ils ont pu poser des questions à Sanofi sur les données cliniques relatives au vaccin avant d’échanger des remarques techniques sur le dossier du vaccin et, finalement, parvenir à la conclusion que les données disponibles étaient suffisantes pour permettre aux pays de procéder à son approbation.

Le Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination (SAGE), chargé de formuler des recommandations à l’OMS, a réalisé un examen indépendant des données des essais cliniques disponibles sur le vaccin. A la suite de l’évaluation du SAGE, l’OMS a publié une prise de position sur le vaccin contre la dengue en juillet 2016 afin d’orienter les pays souhaitant introduire le vaccin dans leur programme de vaccination publique dans le but de réduire le fardeau de la maladie.

Après 20 ans de développement et d’expérimentation, ce vaccin est aujourd’hui approuvé dans 19 pays. Deux d’entre eux ‑ les Philippines et le Brésil ‑ ont lancé des programmes publics de vaccination ciblés dans les régions où le fardeau de la dengue est particulièrement important.

Les rapports périodiques de pharmacovigilance destinés aux autorités  de santé, de même que les résultats à long terme des essais et les données de pharmacovigilance relatives à l’impact du vaccin continuent d’être régulièrement mis à la disposition de ces  autorités. Toutes ces connaissances sur le vaccin permettent, à Sanofi comme aux équipes de recherche travaillant dans ce domaine, de mieux comprendre comment cibler de manière optimale les populations à vacciner.

Compte tenu de la complexité de la dengue, Sanofi a continué de travailler avec la communauté scientifique pour évaluer l’efficacité à long terme du vaccin. L’une des hypothèses étudiées était la diminution potentielle du bénéfice du vaccin chez les personnes n’ayant jamais été infectées par un virus de la dengue. Les essais du vaccin ont été menés principalement dans des pays endémiques où la plupart des personnes vaccinées avaient déjà été infectées par le virus de la dengue. Afin d’examiner de plus près, avec du recul, la performance du vaccin chez les personnes qui n’avaient jamais été exposées au virus avant d’être vaccinées, Sanofi a élaboré un nouveau test permettant de distinguer les anticorps produits en réponse à la vaccination et ceux résultant de l’infection naturelle par le virus.

Le développement de ce test a été un processus complexe et il a fallu près d’un an pour le valider, réaliser des analyses supplémentaires des données des essais cliniques à long terme et compiler les résultats. Dans l’intervalle, les résultats de notre suivi à long terme ont continué de montrer une réduction significative des hospitalisations dues à l’infection chez les personnes vaccinées de plus de neuf ans, comparativement à celles qui avaient reçu un placebo.[viii] Ces résultats publiés ont permis de donner plus de force à la valeur globale du vaccin pour la santé publique, dans les pays où la dengue est très répandue.

La nouvelle analyse réalisée, dont les résultats ont été publiés en novembre 2017, a fait ressortir des écarts de performance du vaccin selon que les personnes vaccinées avaient été, ou non, précédemment infectées par le virus de la dengue. Sur la base de ces résultats, Sanofi a demandé aux agences réglementaires nationales de mettre à jour l’information de prescription et de demander aux professionnels de santé d’évaluer la probabilité d’une infection antérieure de leurs patients par le virus de la dengue avant de procéder à la vaccination. Celle-ci ne doit être préconisée que si ses avantages potentiels sont supérieurs à ses risques. La vaccination n’est pas recommandée pour les  personnes n’ayant aucun antécédent d’infection par le virus de la dengue. L’analyse a toutefois confirmé que la vaccination apporte un effet protecteur persistant contre la dengue pour les personnes ayant déjà été exposées au virus.

Nous avons  transmis ces nouvelles données aux autorités de santé puis les avons rendues publiques. L’objectif de l’ensemble de nos actions est d’expliquer et de clarifier la situation auprès de l’ensemble des parties prenantes et de permettre au public et aux professionnels de santé de prendre des décisions éclairées en matière de vaccination.

Avec les autorités de santé des différents pays, Sanofi continue de suivre l’impact à long terme de la vaccination dans le cadre d’études en cours sur la sécurité et l’efficacité du vaccin et du suivi de pharmacovigilance. L’entreprise va également s’impliquer dans le développement et l’homologation des tests diagnostiques fiables, rapides et présentant un bon rapport cout-efficacité pour mieux accompagner l’utilisation du vaccin sur le terrain.

La réduction de la menace que la dengue fait peser sur les millions de personnes vivant dans les régions tropicales et subtropicales de la planète est un enjeu considérable qui continue de faire partie des engagements de Sanofi. Avec les autorités de santé mondiales et régionales et l’ensemble de la communauté scientifique, Sanofi continue d’œuvrer pour réduire le fardeau que cette menace de santé publique fait peser sur la population mondiale.

Su-Peing NG,
Head of Global Medical Vaccine


[viii] Limkittikul, Kriengsak, et al. Long-term (6-year) follow-up in Thai children from phase IIb proof of concept efficacy study of cyd-tdv dengue vaccine.  Presentation at ACPID, Bangkok, Thailand, 7 – 10 November 2016.