17 mai 2017

La lutte contre les faux médicaments passe par une prise de conscience du phénomène

- Les résultats d’une nouvelle étude menée en Amérique latine révèlent une prise de conscience élevée, mais une perception en demi-teinte des dangers -

 

La lutte contre les faux médicaments passe par une prise de conscience du phénomène
- Les résultats d’une nouvelle étude menée en Amérique latine révèlent une prise de conscience élevée, mais une perception en demi-teinte des dangers -

La prolifération des médicaments contrefaits serait responsable d’un million de décès chaque année. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), un médicament sur 10 vendus dans le monde serait une contrefaçon, et ce chiffre peut atteindre jusqu’à 7 sur 10 dans certains pays. Sans surprise, Internet est devenu un vecteur majeur de ce trafic. Un médicament sur deux vendu sur des sites internet dissimulant leur adresse physique serait un faux.

Sanofi s’investit depuis près de 10 ans dans la prévention et la lutte contre les médicaments falsifiés. Depuis 2008, son laboratoire central d’analyse des contrefaçons, à Tours, analyse les produits suspectés d’être contrefaits et enrichit les connaissances sur les faux médicaments existant dans le monde. Sanofi  contribue également au démantèlement de réseaux de trafiquants de médicaments contrefaits et joue un rôle important dans la prévention à travers le monde.

Les pays les plus touchés par ce phénomène sont ceux d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, qui échappent plus facilement aux contrôles des circuits de distribution et où jusqu’à 30 % des médicaments disponibles sur le marché peuvent être des contrefaçons1.

Afin d’évaluer l’attitude des populations de ces pays à l’égard de ce phénomène, Sanofi a mené une étude sur la perception de la contrefaçon des médicaments en Asie et aux États-Unis en 2015, et en Europe en 2014. Dans le cadre de l’année France-Colombie, dont elle est partenaire, Sanofi vient par ailleurs de terminer une nouvelle étude sur les perceptions que la population latino-américaine se fait de la prévalence de la contrefaçon de médicaments et de ses risques2.

« La contrefaçon de médicaments est un crime de santé publique et ce fléau mondial en pleine expansion affecte toutes les catégories de médicaments. Un médicament contrefait peut provoquer l’inefficacité du traitement, des effets secondaires parfois graves et, dans le pire des cas, le décès du patient », indique Geoffroy Bessaud, Directeur Coordination de la Lutte contre la contrefaçon de Sanofi. « Les résultats de nos études confirment que ce fléau est encore trop mal connu, et qu’il est crucial que les acteurs se mobilisent pour que les patients soient mieux informés sur les risques encourus. »

Amérique latine : explosion du trafic de faux médicaments

La contrefaçon de médicaments a considérablement augmenté en Amérique latine ces dernières années (30 % des médicaments vendus en Amérique du Sud seraient des faux3). Cette activité criminelle est en plein essor, les trafiquants y voyant une opportunité de rentabilité exceptionnelle d’autant plus que le trafic de médicaments est 10 à 25 fois plus rentable que celui de drogue pour des peines encourues relativement moins sévères4.  

Réalisée en décembre 2016, la nouvelle étude menée par Sanofi a porté sur plus de 7 000 personnes originaires d’Argentine, du Brésil, du Guatemala, d’Équateur, du Pérou, du Mexique et de Colombie. L’objet des questions posées était d’évaluer les connaissances et perceptions des Latino-Américains au sujet de la contrefaçon de médicaments. L’étude a également permis de mieux cerner le comportement de ces populations et leurs habitudes d’achat de médicaments.

L’étude montre que 59 % des personnes interrogées associent la contrefaçon aux médicaments, devant les vêtements, les objets high-tech et les produits de luxe. Cette association est plus élevée en Colombie (71 %) et plus faible au Brésil (32 %), où la contrefaçon est plus souvent associée aux vêtements et marques de luxe.

Il ressort également de cette étude que les Brésiliens sont moins sensibilisés à ce problème, quand bien même leur pays partage ses frontières avec des régions où prolifère la contrefaçon de médicaments. Les Péruviens, en revanche, sont les plus avertis : 98 % des personnes interrogées ont déjà entendu parler des médicaments contrefaits (91 % en moyenne pour les 7 pays), 60 % en ont déjà vu (35 % en moyenne) et 19 % déclarent être suffisamment informées sur le sujet (13 % en moyenne).

Conscience du danger lié aux contrefaçons de médicaments

Même si 91 % des personnes interrogées ont déjà entendu parler de médicaments contrefaits, 62 % estiment qu’ils sont dangereux et 36 % considèrent qu’ils peuvent « potentiellement » l’être. Une fois de plus, ce sont les Péruviens qui semblent être les mieux informés de la dangerosité des médicaments falsifiés (75 % déclarent qu’ils sont indéniablement dangereux), alors que les Argentins ne sont que 44 % dans ce cas et que 3 % d’entre eux considèrent même ces médicaments comme totalement inoffensifs.

Habitudes d’achat de médicaments et attitudes correspondantes

Interrogés sur leurs habitudes d’achat de médicaments, les participants à cette étude déclarent que les achats en ligne sont un moyen de gagner du temps et de faire des économies et, pour les Argentins, d’obtenir des médicaments qui ne sont pas disponibles dans leur pays.

En moyenne, 27 % des personnes interrogées ont déjà acheté des médicaments en ligne. Alors qu’un acheteur sur 2 en ligne déclare avoir eu le sentiment de prendre un risque, 73 % des Brésiliens l’ont fait en toute confiance. Les plus méfiants sont les Péruviens, 68 % d’entre eux ayant eu le sentiment de prendre un risque, suivis de peu par les Argentins et les Équatoriens.

Même si l’achat de médicaments en ligne est une pratique fréquente, 72 % des personnes interrogées sont conscientes de s’exposer à des contrefaçons en passant par Internet. Cette méfiance s’étend d’ailleurs aux circuits de distribution officiels : en moyenne, 28 % déclarent que des produits de contrefaçon sont vendus en ligne, un pourcentage  qui s’établit à 37 % en Colombie.

Inversement, l’achat de médicaments en voyage est une pratique répandue (41 % des personnes interrogées ont déclaré l’avoir déjà fait), considérée comme sûre (80 % des achats réalisés dans des pharmacies (86 %) ont été effectués avec un sentiment de sécurité).

Les plus prudents sont les Péruviens, 25 % ayant le sentiment de prendre un risque contre 20 % en moyenne, alors que comme pour les achats en ligne, les Brésiliens semblent être les moins inquiets (16 % seulement ont eu le sentiment de prendre un risque).

D’une manière générale, l’étude montre que même si les personnes interrogées ont parfaitement connaissance  de l’existence de médicaments contrefaits en Amérique latine, la conscience du danger qu’ils représentent varie beaucoup entre les sept pays dans lesquels l’étude a été menée. En témoignent le comportement des acheteurs en ligne et le degré de confiance à l’égard des circuits de distribution officiels. Les plus méfiants et conscients du danger que présentent les faux médicaments semblent être les Péruviens, tandis que les moins inquiets sont incontestablement les Brésiliens, même si leur pays partage ses frontières avec de nombreuses régions où la fabrication et le trafic de faux médicaments connaissent une véritable explosion.

Ces résultats sont significatifs dans une région du monde où le trafic s’intensifie. Ils soulignent tout à la fois le succès des campagnes de prévention contre les contrefaçons de médicaments et la nécessité de les poursuivre et de les approfondir.

Les médicaments contrefaits dans le monde :
•    1 médicament sur 10 vendus dans le monde serait une contrefaçon. Ce chiffre peut atteindre 7 sur 10 dans certains pays5.
•    En 2015, parmi 40 millions de produits interceptés par les douanes européennes, 25,8% des produits de santé saisis étaient des médicaments contrefaits. Au total, 895 324 médicaments ont été saisis6.
•    200 milliards de dollars en 2014 contre 75 milliards de dollars en 2010 : ce sont les profits engendrés par la contrefaçon de médicaments ; ils sont largement supérieurs à ceux issus du trafic de stupéfiants7.
•    1 000 dollars investis dans le trafic de médicaments contrefaits rapporterait jusqu’à 500 000 dollars aux organisations criminelles8.
•    En 2016, 103 pays ont collaboré à l’Opération Pangea IX destinée à lutter contre les pharmacies illicites en ligne. Elle a conduit à la fermeture de 4 932 sites internet et à la saisie de plus de 12,2 millions de médicaments faux et illicites d’une valeur estimée à 53 millions de dollars9.

À propos de Sanofi
Sanofi, l’un des leaders mondiaux de la santé, s’engage dans la recherche, le développement et la commercialisation de solutions thérapeutiques centrées sur les besoins des patients. Sanofi est organisé en cinq entités globales : Diabète et Cardiovasculaire, Médecine générale et Marchés émergents, Sanofi Genzyme, Sanofi Pasteur et Santé Grand Public. Sanofi est coté à Paris (EURONEXT: SAN) et à New York (NYSE: SNY).


Références

[1] OMS. Médicaments contrefaits, décembre 2011.

[2] Étude menée du 12 au 22 décembre 2016 – Questionnaire auto-administré distribué à un échantillon représentatif de 7 044 personnes de plus de 18 ans en Amérique latine (Argentine, Brésil, Guatemala, Équateur, Pérou, Mexique et Colombie)

[3] http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/chimie-pharmacie/le-marche-de-la-lutte-contre-la-contrefacon-des-medicaments-un-nouvel-eldorado-584771.html

[4] Institut international de recherche anti contrefaçon de médicaments : http://www.iracm.com/observatoire-thematique/criminalite-organisee/

[5] OMS. Médicaments contrefaits, décembre 2011.

[6] Douanes européennes, 2016.

[7] La contrefaçon de médicaments est évaluée à environ 200 milliards de dollars soit le premier secteur de trafics illicites devant la prostitution et la marijuana. Source = World Economic Forum, Global Risks, Sixth edition, An Initative of the Risk Response Network, 2011, p. 23. IRACM 2015

[8] Pour 1 000 dollars investis, un criminel peut générer 20 000 US$ de profits avec le trafic d’héroïne et de fausse monnaie et 200 000 à 500 000 US$ avec le trafic de faux médicaments. Source = IRACM.

[9] Interpol 2016.